Réforme du Code du Travail : la contestation s’installe Article du Républicain Lorrain du 22 Septembre 2017

La deuxième journée contre la réforme du Code du travail a mobilisé 132 000 manifestants dans toute la France. Un chiffre en recul par rapport à la semaine dernière, mais qui a ratissé plus large. De mauvais augure pour le gouvernement.

Le président pourra s’en satisfaire aujourd’hui, devant le conseil des ministres qui adoptera les ordonnances réformant le code du travail : la deuxième journée de protestation a légèrement moins mobilisé que la première.

À Paris, la police a compté 16 000 manifestants, contre 24 000 la semaine dernière, tandis que la CGT en revendiquait 55 000, contre 60 000 le 12 septembre. À l’échelle nationale, 132 000 personnes ont battu le pavé contre 223 000 (chiffres du ministère de l’Intérieur) lors de la première journée de mobilisation.

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, qui appelait à la manifestation avec Solidaires et l’Unef, n’en a pas moins revendiqué un niveau de mobilisation « équivalent » à celui de la semaine dernière, et « plus de débrayages dans les entreprises ».

« La masse » samedi ?

La prudence reste cependant de mise pour le gouvernement. « C’est que le début », a prévenu Jean-Luc Mélenchon, présent hier, et déjà projeté sur la manifestation qu’organise demain La France insoumise : « Samedi, il va y avoir la masse, et puis à partir de lundi on va rentrer dans une série de mouvements sociaux catégoriels, par branche, de ce que j’ai compris des consignes syndicales. » Il met ainsi son espoir dans le relais que prendront lundi les routiers, vendredi prochain les retraités, mardi 10 octobre les fonctionnaires…

Autre préoccupation pour le gouvernement : la mobilisation a été moindre, mais plus large. Par la présence de Jean-Luc Mélenchon, absent le 12 septembre, côté politique, et par la participation, côté syndical, de nombreux adhérents de FO, de la CGC ou de la CFDT, dont les organisations n’appelaient pas à manifester. Ils faisaient ainsi écho au récent communiqué de la CFDT, dénonçant avec la CFTC et l’UNSA un texte « déséquilibré, au détriment des salariés ».

Macron provoque

Le président ne manquera pas de commenter tout cela aujourd’hui devant ses ministres. Mais il a dès hier à Marseille, dans un échange avec une chômeuse, défendu sa démarche : avec les ordonnances, « les gens ne voient qu’un aspect de la politique qui est conduite… Une vraie réforme du marché du travail est nécessaire, car on produit depuis des décennies trop de chômeurs, en particulier chez les jeunes et les gens peu qualifiés. Nous allons avoir une politique de formation. »

Cela venait après une première déclaration la veille à New York, où il avait affirmé que « la démocratie, ce n’est pas la rue ». Il s’est attiré hier cette réplique cinglante du très courtois président de la CFTC Philippe Louis : « La rue, c’est aussi la démocratie. » Le président risque d’avoir de nombreuses occasions de la vérifier ces prochains jours.

F.B.

Lien : Article Républicain Lorrain du 22 Septembre 2017 

Réforme du travail : le compte n’y est pas ! Tribune Les Echos du 19 Septembre 2017

La CFDT, la CFTC et l’Unsa portent une vision réformiste du syndicalisme. Elles militent pour que la négociation et le contrat soient au coeur de la régulation des relations de travail, à tous les niveaux et notamment dans l’entreprise, au plus près des salariés.

Face  aux mutations du travail et de l’économie, face aux transitions numérique et écologique, notre rôle est de sécuriser l’emploi, les conditions de vie et de travail, les parcours professionnels en construisant de nouvelles protections et de nouveaux droits pour les salariés.

Fort de ce point de vue réformiste, mis en pratique par nos militants depuis des décennies dans les branches et les entreprises, nous prenons ensemble la parole aujourd’hui.

Emmanuel Macron n’a pas tiré les leçons du passé

Emmanuel Macron avait annoncé dans son programme une réforme  du Code du travail par ordonnances. Les Français, en l’élisant comme président de la République, lui ont donné la légitimité et les moyens pour le faire. Nous respectons, évidemment, ce choix démocratique.

Mais nos organisations n’étaient pas demandeuses d’une nouvelle modification du Code du travail, alors même qu’aucun bilan n’a été tiré des quatre lois précédentes qui, dans les trois dernières années, l’ont bougé en profondeur. Elles n’y voient pas non plus la solution au besoin de création d’emploi : plus que le Code du travail, c’est l’activité économique qui génère les embauches. Lire la suite … Réforme du travail : le compte n’y est pas ! Tribune Les Echos du 19 Septembre 2017

Communiqué de Presse : L’UD CFTC de la Moselle appelle ses syndicats à se mobiliser ! Réforme du Droit du Travail

Lors de sa réunion de Conseil du 18 Septembre 2017, notre Union Départementale a décidé, à l’unanimité, d’appeler l’ensemble des syndicats CFTC et leurs adhérents mosellans à rejoindre les différentes mobilisations organisées en Moselle.

Les conseillers de l’UD CFTC de la Moselle s’inquiètent des attaques incessantes de notre modèle économique et social qui a mis tant d’années à se construire. L’UD CFTC de la Moselle appelle ses syndicats à se mobiliser ! L’UD CFTC de la Moselle appelle ses syndicats à se mobiliser !

Le gouvernement par son projet d’ordonnances détruit un outil de protection et de régulation qu’est le code du travail.

L’UD CFTC de Moselle s’oppose notamment à :

  • La possibilité de modifier les contrats de travail par accord d’entreprise.
  • L’individualisation de la législation du travail en réduisant le rôle protecteur du code du travail, des conventions collectives et des accords de branches.
  • La simplification de la procédure de licenciement et la mise en place de barèmes pour fixer les indemnités prud’homales. Qu’en est-il de la juste réparation du préjudice ?
  • La fusion de trois instances historiques (DP, CE et CHSCT) avec une réduction de leurs attributions et des moyens accordés à cette nouvelle instance.

Pour notre Union Départementale, ce projet est effectué en dépit du bon sens, sans mesurer les impacts des précédentes réformes du Code du travail (2016 – Loi Travail, 2015 – Loi Rebsamen, 2015 – Loi Macron, …)

Lire la suite … Communiqué de Presse : L’UD CFTC de la Moselle appelle ses syndicats à se mobiliser ! Réforme du Droit du Travail

Réaction au discours du Président Macron lors du VivaTech Communiqué de Presse Confédéral

Pantin, le 19 Juin 2017

Discours du Président MACRON lors du VIVATECH :
la CFTC réagit et souhaite la tenue d’un grenelle du numérique

La CFTC rappelle au Président de la République l’urgence de déployer au plus vite un Grenelle du Numérique afin que tous les acteurs de la vie publique et économique puissent ensemble réfléchir à un nouveau modèle social qui prenne en compte les évolutions et les spécificités du numérique et des changements qu’il entraine.

La semaine dernière se tenait à Paris la VivaTech, grande messe du numérique en France. Lors de cet événement le Président Macron a tenu un discours où il a rappelé les mutations que vit actuellement notre pays et son désir de voir la France devenir un « Etat Plate-Forme » au service d’une « start-up Nation ». Des termes forts, appuyés par l’annonce d’un plan d’investissement de 10 milliards d’euros à destination du numérique.

Mais au-delà de cette somme, pour la CFTC le plus important dans ce discours réside dans le constat dressé par le Président d’être dans un «momentum, une dynamique de l’hyperinnovation ».

Pour la CFTC cette dynamique doit s’accompagner d’une hyperinnovation sociale, de nouveaux droits attachés à ces travailleurs d’un nouveau genre pour « protéger les individus, en les formant, en les accompagnant vers ces changements brutaux ». Sans cette protection, la plateformisation de l’économie (et de l’Etat) peut mener à des dérives sociales, à un appauvrissement des travailleurs, et à la fin du modèle social Français.

Il convient donc de penser autrement, plus globalement, de débattre sur l’avenir, sur les mutations engendrées par les nouvelles technologies dans notre façon de concevoir travail et protection sociale. C’est pourquoi la CFTC, par la voix de son Président Philippe Louis, appelle l’Etat à lancer urgemment l’organisation d’un GRENELLE DU NUMERIQUE.

Lors de la VivaTech, le Président s’est adressé aux patrons, aux startuppers, à cette France qui réussit et surfe sur la vague numérique. Il doit maintenant s’adresser aux Français exclus par la fracture numérique, aux Français qui jouissent de nouveaux usages mais craignent l’impact social de la plateformisation. Il veut les « protéger ». Dont acte.

C’est d’un débat croisé entre usagers, entreprises, pouvoirs publics, associations et organisations syndicales que naîtra le nouveau contrat social de demain.

Communiqué de presse

 

CFTC : Mieux former pour assurer la lutte sociale Article du Républicain Lorrain du 06 Juin 2017

L’union départementale des syndicats CFTC de Moselle a organisé un forum à Stiring-Wendel, réunissant près de 150 militants. L’objectif était notamment de faire le point sur la loi travail. Et de mieux former et informer.

Les militants CFTC se sont réunis à Stiring-Wendel dans le cadre d’un forum organisé par l’union départementale. Photo RL

Près de 150 militants CFTC se sont retrouvés à l’espace Rémy-Botz de Stiring-Wendel pour participer à un forum, à l’appel de l’union départementale des syndicats CFTC de Moselle.

« La CFTC est en constante progression. Nous avons de plus en plus de délégués dans les entreprises », annonce le président de l’union départementale, Pascal Dahlem. Si l’on excepte le tandem CGT-FO, en Lorraine, la CFTC est le 3e syndicat le plus représenté, derrière la CGT et la CFDT. Et il faut former et informer ces nouveaux délégués, notamment par le biais de forums comme celui qui a été organisé à Stiring-Wendel.

« Nous en organisons deux par an, en juin et en décembre. » À chaque fois, des thèmes bien ciblés sont développés.

Décryptage de la loi El Khomri

Pour cette réunion, il s’agissait notamment de la loi travail, baptisée loi El Khomri. « Les décrets tombent au goutte à goutte », explique Pascal Dahlem. Les partenaires sociaux ont évidemment un œil sur cette loi particulièrement contestée, mais aussi sur celle que prépare le gouvernement Macron. « Il faut déjà comprendre ce qui est mis en application aujourd’hui, avant de se lancer dans des prospectives sur la future loi. » Plus particulièrement en ce qui concerne les accords dans les entreprises, favorisés par rapport aux accords de branches. « Dans certains cas, cela va primer sur la loi, donc il faut rester vigilant et ne pas signer n’importe quoi », lance Pascal Dahlem. « Il s’agit, au cas par cas, de savoir s’il y a une menace réelle pour l’entreprise. » Dans le cas contraire, le syndicat fera front.

De l’importance des médecins du travail…

Autre thème du jour, la prévention santé dans les entreprises. Vaste sujet, lors duquel les intervenants ont abordé à la fois les problématiques liées à la médecine du travail et le manque de praticiens. « Nous militons pour une valorisation de ce métier, à une époque où l’on enregistre une hausse des problèmes psychosociaux dans les entreprises, notamment le harcèlement », explique Pascal Dahlem.

Les actions des mutuelles étaient également au cœur des débats. « On les confond souvent avec les assurances, mais la différence est fondamentale : les assurances reversent leurs bénéfices à leurs actionnaires, quand les mutuelles les réinjectent dans des œuvres sociales. » Qui méritent d’être connues.

Les combats

Mais l’essentiel reste la lutte sociale, la défense des salariés. Le cœur de métier des syndicats. Actuellement, les gros dossiers suivis par la CFTC en Moselle concernent évidemment Neuhauser (plan social avec 145 licenciements), Grundfos (plan de départs volontaires pour 80 salariés et suppression d’une centaine de contrats intérimaires), mais aussi, par exemple, une arnaque à l’Urssaf dans un salon de beauté forbachois. Et un préjudice estimé à 800 000 € au moins. « Les salariés n’ont toujours pas de fiche de paie, donc ils ne peuvent même pas faire leur déclaration d’impôts… » , affirme Pascal Dahlem.

M. L.

Pièce-Jointe : Article du Républicain-Lorrain du 06 Juin 2017