L’égalité Femmes/Hommes : toujours un combat ! Communiqué Unitaire - CFTC, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA - du 05 Mars 2019

La mobilisation des femmes et l’unité des organisations syndicales nous ont permis de gagner de premières avancées : création de référentes et référents du personnel contre les violences, mise en place d’une obligation de résultat en matière d’égalité salariale, suppression du jour de carence pour les femmes enceintes dans la Fonction publique. Ces dispositifs doivent être améliorés et complétés par des mesures ambitieuses accompagnées des moyens humains et financiers à la hauteur de l’enjeu.

En effet, le compte n’y est pas. Le quotidien des femmes est toujours marqué par les inégalités salariales, la précarité et les violences sexistes et sexuelles.

Pour faire enfin de l’égalité une réalité, c’est toutes les politiques publiques qui doivent être pensées et évaluées à cette aune. Nous alertons avec force : le projet de loi dit « de transformation de la Fonction publique », contredit cet objectif. S’il est adopté, Le recours accru à des emplois contractuels, impactera négativement la situation professionnelle et financière des femmes. Alors que la lutte contre les violences sexistes et sexuelles est une priorité, le projet de loi amoindrit les outils dédiés à la santé au travail. Il aurait pour conséquence un recul des services publics, pourtant déterminants pour l’émancipation des femmes, et de l’emploi public, aujourd’hui majoritairement féminin.

Si nos organisations sont elles-mêmes engagées de longue date dans ce combat pour l’égalité, nous réaffirmons la nécessité d’intensifier la mobilisation de nos militantes et militants, d’amplifier nos actions en faveur de l’égalité professionnelle et de faire progresser la mixité au sein de nos organisations.

Le 8 mars n’est ni la saint Valentin, ni la fête des mères, C’est la journée internationale de lutte pour les droits des femmes. A cette occasion, nous interpellons le gouvernement et le patronat autour des exigences suivantes :

1. Assurer l’égalité salariale et professionnelle.

En 2019, les femmes sont toujours rémunérées 26% de moins que les hommes en moyenne. Chaque jour, elles travaillent gratuitement à partir de 15h40. C’est sur l’ensemble des facteurs qu’il faut agir, qu’ils soient liés à la carrière, à la part variable de la rémunération, à la dévalorisation des métiers à prédominance féminine, ou au temps de travail. Ceci permettrait de relever le niveau des retraites des femmes alors que celles-ci ont une pension de 40% inférieure à celle des hommes, dans la perspective de retraites de haut niveau.

  • L’index égalité salariale doit permettre de supprimer effectivement les écarts de rémunération. Le « seuil de pertinence », le barème et la pondération masquent une partie des écarts. Un bilan rapide devra être tiré et les modifications nécessaires mises en place pour que toutes les entreprises soient dans l’obligation d’éliminer les écarts. Les obligations de transparence et les moyens du CSE en matière d’information et de dialogue social doivent être renforcés. L’obligation de résultat en matière d’égalité salariale doit être étendue à la fonction publique. Les employeurs doivent débloquer les enveloppes de rattrapage nécessaires.
  • Donner à l’Inspection du travail les moyens humains pour garantir l’application de la loi et affecter le produit des pénalités à un fonds en faveur de l’égalité professionnelle.
  • Lutter contre les inégalités de carrière. Renforcer et rendre obligatoire les indicateurs permettant d’identifier et de supprimer les mécanismes de plafond de verre.
  • Les femmes sont majoritaires parmi les bas salaires, nous revendiquons leur augmentation. Elles représentent 62% des personnels de la Fonction Publique, il est nécessaire de revaloriser le point d’indice.

2. Lutter contre la précarité et revaloriser les métiers à prédominance féminine

La crise sociale actuelle démontre encore une fois que la précarité a majoritairement un visage de femme. Les métiers dans lesquels les femmes sont concentrées, ont une forte utilité sociale et sociétale, pourtant, ils sont dévalorisés financièrement et socialement. Il y a urgence à :

  • Limiter le recours aux contrats à temps partiels, aux contrats précaires et aux horaires atypiques (dimanche, soir et nuit, horaires morcelés…) en les rendant financièrement dissuasifs pour les employeurs et en améliorant la protection sociale.
  • Assurer la mise en œuvre de la loi qui prévoit un salaire égal pour un travail de valeur égale par une juste reconnaissance salariale des qualifications et des compétences dans les classifications et dans les grilles de la Fonction publique. Revaloriser les métiers à prédominance féminine (santé, éducation, administratifs, propreté, social, services à la personne…) dans le privé comme dans le public.

3. Promouvoir une parentalité partagée

Permettre d’être parent sans renoncer à sa carrière est une nécessité pour l’égalité F/H, pour l’éducation des générations futures et pour les professionnelles et professionnels de ce secteur, essentiellement féminin. Avec les mesures suivantes, nous proposons d’en faire un investissement d’avenir :

  • Augmenter l’indemnisation du congé parental au niveau de l’arrêt maladie pour permettre une parentalité partagée. Allonger le congé paternité à au moins un mois et le rendre obligatoire. Rémunérer le congé maternité à 100%, l’étendre à toutes les travailleuses et l’allonger à 18 semaines.
  • Investir massivement dans les services publics pour garantir le droit à une place d’accueil pour chaque enfant et répondre aux problèmes liés à la perte d’autonomie des personnes âgées.

4. Lutter contre les violences sexistes et sexuelles

30% des femmes déclarent être victimes de harcèlement sexuel au travail. La lutte contre les violences sexistes et sexuelles nécessite des droits supplémentaires et des moyens. Nous revendiquons les mesures suivantes :

  • Garantir l’indépendance et le rôle des référentes et référents du personnel contre les violences en leur attribuant des droits, moyens et prérogatives.
  • Faire de la prévention des violences sexistes et sexuelles un sujet obligatoire de négociation et mettre en œuvre des sanctions pour tous les employeurs qui ne disposent pas de plan de prévention et de procédure sécurisée pour les victimes et témoins.
  • Protéger l’emploi et la carrière des victimes, que les violences aient un lien avec le travail ou non, en mettant en place sur présentation d’un certificat médical le droit à des aménagements d’horaires, de poste, des congés, la possibilité d’une mobilité fonctionnelle ou géographique choisie… La prise en charge médico-sociale et psychologique des victimes doit être effectuée sans frais.
  • Former l’ensemble des RH et manageurs, inspecteurs et inspectrices du travail, magistrates et magistrats, personnels de santé, d’éducation et de sécurité…, et les représentantes et représentants du personnel. Mettre en place une sensibilisation annuelle obligatoire sur le temps et le lieu de travail.
  • Allonger les délais de prescription des licenciements commis suite à des discriminations ou à des violences sexuelles au travail.

Nous défendons l’intégration de ces mesures dans une norme de l’OIT contre les violences sexistes et sexuelles et nous nous mobiliserons en juin à Genève à l’appel de la Confédération Syndicale Internationale pour garantir son adoption.

Ce qu'en pense la CFTC :
8 Mars : Journée internationale des droits des femmes

Parce que le respect de la dignité de chaque personne est une valeur fondamentale de la CFTC, il nous paraissait important de rappeler l’essentiel. Le 8 mars, Journée Internationale des Droits des Femmes, nous rappelle qu’il reste encore du chemin à parcourir…

Mais chacun peut faire avancer les choses !

Des mesures encourageantes en faveur de l’emploi des personnes handicapées Communiqué Confédéral

Pantin, le 11 Juin 2018  

Alors que l’emploi des travailleurs handicapés se dégrade, une première concertation (15 février-31 mai) a réuni les acteurs concernés avec l’objectif de réformer leur obligation d’emploi. A l’issue de cette première phase, un rapport a été rendu le 5 juin 2018 en présence de Muriel PÉNICAUD, ministre du Travail, et Sophie CLUZEL, secrétaire d’État au Handicap. Son titre ? « L’emploi des travailleurs handicapés : Tous concernés, tous mobilisés ».

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Contact presse CFTC

Paul MERCIER
Tél. : 06.33.26.08.71
Courriel : presse@cftc.fr

L’avenir des Services Publics nous concerne tous ! Lettre ouverte aux usagers - FAE

Notre Fonction publique est en danger : défendons-la le 22 mai !

Les missions de la Fonction publique – hôpitaux, écoles, préfectures, services des impôts, tribunaux, crèches, EHPAD, …. – font partie du paysage, à tel point qu’il semble aller de soi qu’ils rendent les services qu’on attend d’eux de la meilleure façon possible. Ils emploient aujourd’hui une personne active sur 5. 

Quelles réformes  sont envisagées par le Gouvernement ?

Gouvernement annonce une réforme des services publics en profondeur et la remise en cause du statut des fonctionnaires, avec un objectif budgétaire (120 000 suppressions de postes sur le quinquennat) qui l’emporte sur les objectifs d’amélioration de la qualité des services ainsi que de leur meilleure adéquation aux évolutions et attentes des usagers.

Lorsque les agents publics se mobilisent, de façon historiquement unitaire pour la première fois depuis 10 ans, et manifestent sur l’ensemble du territoire les 10 octobre 2017, 22 mars 2018 et prochainement le 22 mai 2018, c’est pour les services publics et pour l’emploi public, le statut protecteur pour les usagers, le pouvoir d’achat, les conditions de travail …

Il ne s’agit pas uniquement, comme d’aucuns essaient de le faire croire, d’une mobilisation sectorielle et catégorielle de « privilégiés » qui souhaiteraient voir préservés leur statut et leurs « avantages ».

Il s’agit de se mobiliser face aux attaques sans précédent du Gouvernement contre les agents publics (avec un ensemble de mesures négatives en matière de pouvoir d’achat notamment).

Mais, au-delà, il s’agit surtout de défendre les services publics et les valeurs qu’ils incarnent : laïcité, égalité, gratuité, indépendance, solidarité, ainsi que le modèle social public.

Pourquoi est-il important de se mobiliser ?

Certains d’entre vous peuvent se demander pourquoi soutenir un tel mouvement de revendication, pourquoi défendre les services publics, qui, pour certains, fonctionnent de plus en plus mal, pourquoi s’opposer à la transformation publique  souhaitée par le Gouvernement.

Supprimer 120 000 postes, concrètement, c’est baisser les dépenses publiques, certes, mais c’est aussi et surtout voir disparaitre les services publics de proximité, sous-préfectures, préfectures, tribunaux d’instance, hôpitaux, services des impôts …

C’est, en conséquence, devoir se déplacer pour faire des démarches administratives, avec les coûts que cela induit, c’est ne plus avoir accès à un service d’accueil physique remplacé par des bornes informatiques, voire ne plus avoir à faire à des services publics mais à des services gérés par le secteur privé, avec les coûts supplémentaires que cela génère.

Remettre en cause le statut des agents publics, concrètement, c’est remettre en cause le mode de fonctionnement des services publics.

Quelques exemples :

Par exemple, rémunérer des agents publics d’un hôpital au mérite, en fonction des résultats, peut conduire un hôpital à opter pour la prise en charge des pathologies les plus banales, pour lesquelles les résultats sont faciles à obtenir, et délaisser les pathologies les plus lourdes, aux résultats plus incertains et moins immédiats.

Abandonner certaines missions, qui n’apparaitraient pas essentielles, pourrait conduire, par exemple, à confier au secteur privé la gestion des activités culturelles, comme les musées ou les bibliothèques, quitte à ce que leur accès ne soit plus gratuit ou que le montant du droit d’entrée augmente significativement ou encore que toutes les catégories de public n’y aient pas accès. 

Dernier exemple, pourquoi confier la gestion des déclarations d’impôts aux agents de la poste, qui feront payer cette opération 50 euros, alors que ce service est aujourd’hui assuré gratuitement par les agents des finances publiques ? 

Empêchons la dégradation des Services Publics !

Le projet du Gouvernement va conduire, en l’état actuel des choses, non seulement à la dégradation significative des conditions de travail des agents publics mais également à la dégradation, voire à la disparition, du service public rendu aux usagers.

Ces réformes là, nous n’en vouons pas !

Il nous paraît indispensable que le gouvernement entende les réels besoins des citoyennes et citoyens qui réclament plus de proximité et plus de relations humaines.

Les réformes conduites par le Gouvernement sont à l’opposé de ces principes.

Une réforme d’ampleur pour améliorer le rôle et la place de la fonction publique ne peut pas se faire sans les agents publics et sans les usagers des services publics, elle ne peut qu’échouer si elle se fait contre les agents publics et contre les usagers.

C’est pourquoi nous appelons tous les usagers des services publics, sur l’ensemble du territoire, à se mobiliser aux côtés des agents publics, pour défendre les services publics.

Nous sommes tous concernés par la transformation de la fonction publique et des services publics.

La Fonction publique permet d’assurer l’intérêt général et contribue à la cohésion sociale et territoriale.

Elle participe d’un projet de société solidaire tourné vers l’avenir, garantissant le vivre ensemble.

NOS – VOS – SERVICES PUBLICS SONT EN DANGER.

MOBILISONS-NOUS TOUTES ET TOUS, ENSEMBLE
LE 22 MAI PROCHAIN  !

14H00 devant la GARE de METZ

ARRÊTONS LE MÉPRIS DES PROFESSIONNELS ET DES RÉSIDENTS ! Communiqué de Presse : Maison de Retraite Sainte Madeleine

Thionville, le 15 Mars 2018

En cette journée de mobilisation nationale du 15 Mars 2018, la section Syndicale CFTC de la Fondation Lenternier a décidé de se réunir pour dénoncer le mépris des professionnels et des résidents de notre EHPAD !

Une partie de la Section Syndicale CFTC et quelques anciens salariés de la Fondation se sont rassemblés devant la Maison de Retraite Sainte Madeleine de Thionville situé Route de Guentrange. Lire la suite … ARRÊTONS LE MÉPRIS DES PROFESSIONNELS ET DES RÉSIDENTS ! Communiqué de Presse : Maison de Retraite Sainte Madeleine

Nos Contacts :

Frédéric FISCHBACH – Tél. : 06.62.06.63.45 – @ : f.fischbach@cftc57.fr
Martine BODO – Tél. : 06.75.46.65.26

Maison de retraite Sainte-Madeleine à Thionville : « Ça pleure dans les chambres le soir » Article du Républicain Lorrain du 23 Février 2018

La maison de retraite Sainte-Madeleine à Thionville subit elle aussi un manque cruel de personnels. Mais certains soignants dénoncent également la pression de leur direction, une organisation despotique et des conditions de vie indignes pour les résidants.

La voix est serrée. Et les mots sont durs. Infirmières et aides-soignantes de la maison de retraite Sainte-Madeleine à Thionville souffrent. Elles dénoncent des conditions de travail infectes. «  Ce sont les résidants qui en subissent les conséquences  », déplorent-elles..

Le malaise est général, partagé dans la majorité des Établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Les manifestations initiées à travers la France, et en Moselle nord, fin janvier l’ont prouvé.

Mais dans les couloirs de Sainte-Madeleine, la colère ne repose pas uniquement sur le manque de moyens et de personnels. Les salariées rencontrées pointent également la responsabilité de la direction. «  On n’en peut plus !  » Elles évoquent des problèmes de planning, une répartition des soins inappropriée, «  une organisation despotique  », des humiliations, des insultes aussi. Elles se sentent contrôlées, dénigrées, dévalorisées. «  La directrice monte les équipes de soignants les unes contre les autres  », témoigne anonymement un petit groupe d’employées. «  Elle préconise les toilettes sur les soins. Résultat : des vers sont apparus sur une plaie l’été dernier  », garantit un représentant syndical CFTC. La photo qu’il montre n’est ni datée, ni localisée. Elle n’a donc pas de valeur devant les autorités sanitaires.

Les salariées parlent d’intimidation à leur égard et envers les familles des personnes âgées. «  Les proches se taisent car ils ont peur de ne pas trouver de place ailleurs . Il y a même des médecins traitants extérieurs qui ne veulent plus venir.  »

« Ce n’est pas aux résidants de subir ça »

« Les résidants sont mis en danger », s’inquiètent le noyau de protestataires. Les conditions de vie et de traitement des résidants aggravent le mal-être de ces professionnels. «  Il n’y a pas de rythme, pas d’harmonie de vie. Ça chigne, ça pleure dans les chambres le soir. En attendant que l’on puisse s’occuper d’eux, les résidants s’endorment parfois dans des positions indignes. Le dernier est couché à 23 h dans le meilleur des cas.  » Sans parler de la lenteur des changes. Les larmes montent aux yeux des femmes qui prononcent ces détails.

Malgré toutes ces accusations, les salariées interrogées refusent de quitter leur poste. «  On pense aux résidants. Ce n’est pas à eux de subir ça. Ils sont déjà paumés à cause du turnover dans le personnel, des arrêts maladie, des démissions à répétition. C’est de la maltraitance. Mais les résidants payent pour être là.  »

Frédérique THISSE

* Contactée, l’Agence régionale de santé de Lorraine n’a pas souhaité s’exprimer sur les éventuels signalements dont elle aurait fait l’objet.

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