Agression des veilleurs le 14 Juin 2016

Chronique de J. THOUVENEL du 14.06.2016 sur Radio Notre Dame (100.7) Lire la chronique, c’est bien ! L’écouter, c’est encore mieux !
Joseph Thouvenel a choisi un regard extérieur comme témoignage du déchaînement de violence qu’on subit les veilleurs il y a quelques jours en plein Paris.
 

Bonjour à toutes et à tous,
 
Naomi suivait les veilleurs, ce groupe de jeunes chrétiens qui organise en place publique des rencontres culturelles ouvertes au plus grand nombre. Leur démarche participe « d’une amitié civique, un appel aux consciences » proclament-ils.
 
Naomi n’est ni catho, ni veilleur, si elle était là, c’est « parce qu’elle avait été embarquée par un ami qui avait besoin d’éléments pour un livre à ce sujet » écrit-elle sur Facebook.
Elle poursuit « ils avaient demandé à rejoindre le mouvement Nuit Debout, le temps d’une soirée, ces derniers ont refusé. Les Veilleurs se sont donc assis quelques rues plus loin. Des gens de tous les âges: des vieilles dames, des vieux monsieurs, des jeunes. Ils ont improvisé une petite chorale, je me suis demandé s’ils chantaient des chants chrétiens parce que je n’avais jamais entendu ça de ma vie. Ils chantaient, ensuite une fille a lu un poème. On pourra dire que c’était niais, mais ce qui est sûr, c’est qu’ils n’emmerdaient personne ».
 
« Puis une dizaine de punks à chien est arrivée en furie avec des barres de fer, des battes, des poings américains. Ils ont gueulé le slogan des Antifascistes et le chef de meute a avancé pour dire aux Veilleurs que s’ils ne déguerpissaient pas sur l’instant, ils risquaient vraiment gros, il a soulevé son Tee-shirt et il a dit « Connards d’homophobes, d’ailleurs, j’ai des seins ! ». La meute venait apparemment de Nuit Debout ; il y avait des filles comme j’en ai jamais vu, complètement droguées, rasées de la tête, beuglant comme des animaux « dégagez, dégagez ». Ils ont avancé, ont donné des coups sur quelques Veilleurs et notamment ceux qui filmaient. Mais des coups, ça veut dire des gros coups de casque, un autre a tapé sur la tête d’un autre, des coups de pieds. Les gens en face avaient des sérieuses armes et une violence dans les yeux, qui montraient qu’il aurait suffit d’une petite résistance pour qu’il y ait un meurtre ».
 
« Le groupe des Veilleurs s’est dispersé, puis s’est rejoint un peu plus loin, au niveau du Boulevard du Temple. Là les Antifas sont revenus mais en plus grand nombre et ils ont directement frappé, ils sont arrivés, lâches, sur le groupe assis par terre. Des coups à même les gens, dans le ventre. Certains avaient des chiens. J’ai senti mon corps tellement fragile, j’aurais pu me laisser tabasser, c’est très bizarre cette impression de sentir que l’on ne peut pas protéger son corps ».
 
« Moi, j’ai pris un taxi et j’ai quitté cette horreur en pleine nuit. Pire que les coups, c’est cette folie qui empêche le camp adverse même de s’exprimer, de le laisser dire ce qu’il a à dire, et qui se dit riez bien attention « Antifasciste ». »
 
Je n’aurai rien à ajouter, si ce n’est la formidable responsabilité des idéologues qui manipulent, désinforment, poussent à la haine des jeunes à la dérive.
 
Ils se proclament du camp de la liberté mais une liberté surveillée, encadrée, corporalisée, dénaturée, en un mot liberticide.
 
Ils censurent l’autre, interdisent le débat, dégoulinent de préjugés.
 
De leur propre asservissement, ils en tirent un modèle. Celui de tous les fascismes rouge, brun, blanc, noir ou arc en ciel.
 
C’était le 8 juin, 67 ans jour pour jour après la publication de 1984 de Georges Orwell. Il était bien naturel que la police de la pensée soit de sortie.
 
Par Joseph THOUVENEL